Les acteurs ? Des hommes tout à fait ordinaires, normalement intelligents, certains ont fait des études supérieures et d’autres pas, certains sont jeunes d’autres plus âgés, des frères, des pères, des cousins, des collègues, des amis comme nous en avons tous et comme nous en côtoyons chaque jour.
Et une jeune fille comme les autres qui s’amusait et pensait qu’elle était en sécurité.
Mais non. Elle n’était pas en sécurité.
En 2020 pour qu’un homme ne considère pas le corps d’une femme comme un ustensile sans âme à assouvir des pulsions que faut-il faire ?
Voici le cri du cœur ou coup de gueule de Myriam Azogui-Halbwax:
Un viol collectif s’est produit en Israël. La pire des souillures, l’outrage ultime a eu lieu ici en Israël. 30, TRENTE individus, ont abusé l’un après l’autre d’une jeune fille de 16 ans. Les conditions sont ignobles et la société israélienne se réveille aujourd’hui d’une vilaine gueule de bois.
Comment cette horreur a t-elle pu se produire ? Comment ces individus (un peu de mal à les qualifier d’hommes), ont-ils pu profiter d’une enfant qui avait trop bu ?
L’enquête commence et il ne faut pas se prononcer tant que tous les éléments de l’investigation ne sont pas dévoilés, pourtant la colère est ressentie par tous.
Car peu importe finalement l’enquête. Une jeune fille de 16 ans a été abusée sexuellement par 30 individus majeurs pour la plupart. Il n’est plus question de consentement à ce niveau. Il est question d’une enfant qui n’a pas été protégée, qui à aucun moment n’a bénéficié de l’aide d’une personne exigeant que cette sordide orgie morbide cesse. 16 ans !! J’ai eu 16 ans, ma fille aînée a 16 ans dans un mois, cette histoire me touche évidemment et elle secoue assez violemment la société israélienne.
Pourtant elle devrait toucher chacun personnellement, chacun ayant une mère une sœur une fille. Mais pas seulement. Car finalement cela ne marche pas et les viols ont tendance à devenir une activité de groupe entre copains. Et c’est de cela précisément qu’il faut qu’on parle pour qu’on éradique ce mal.
Car qu’on se le dise, ce n’est pas un combat des femmes, ce n’est pas le respect des femmes et leur dignité qui est en jeu. Nous n’avons pas à demander la protection de la société. Ce n’est pas la victime qu’il faut traiter ou pour paraphraser Golda Meir, ce n’est pas aux femmes de subir un couvre-feu, c’est aux violeurs. Ce n’est pas aux femmes de se couvrir, de se cacher, de rester à la maison, c’est à ces lâches de vivre traqués. C’est leur sentiment d’impunité qui doit être neutralisé pour guérir notre société de ce mal. C’est la vérité de ce que sont ces lâches individus qui profitent d’une enfant qui a trop bu d’alcool qui doit être exposée. Car des hommes qui attendent en ligne de pouvoir profiter d’une jeune fille ou même d’une femme savent pertinemment qu’ils sont dans un rapport de force. 30 contre 1 dans ce cas. La question du consentement ne devrait même pas être abordée ou discutée. Ce n’est pas tous les hommes qui auraient voulu se retrouver dans ce couloir sinistre à attendre son tour. Ce n’est pas tous les hommes.
Seuls ceux qui savent qu’ils ne peuvent pas, seuls les lâches, ceux qui ne sont pas si sûrs de leur virilité, seuls les charognards qui dépouillent les cadavres, les corps qui ne peuvent plus se défendre. Seuls ceux-là peuvent se retrouver dans ce couloir. Et c’est d’eux dont il faut parler pour éduquer les garçons. Car certains auraient tendance à penser qu’il peut s’agir d’une rigolade entre copains qui a mal tourné.
De mes études de criminologie, il m’est resté cette conscience de l’importance du passage à l’acte. Du moment fatidique où l’on passe au crime, où l’on brandit une arme pour tuer, où l’on applique dans les faits une escroquerie à laquelle on avait juste songé, au moment où l’on attend dans un couloir pour violer une jeune fille. Et seuls certains passent à l’acte et dévoilent leur criminalité. Comme une maladie qui se déclare.
Alors notre société doit s’assurer que des hommes ne soient pas tentés par ce passage à l’acte ou tout au moins qu’ils en mesurent les conséquences. Bien sûr une peine exemplaire d’emprisonnement doit être appliquée. Mais pas seulement. C’est en amont qu’il faut travailler. En exhibant la vérité de ces violeurs. Des minables dont il faut se tenir éloignés, des lâches auxquels on ne veut pas ressembler.
C’est sur eux qu’il faut concentrer ses efforts, c’est leur comportement qu’il faut disséquer et exposer, non celui des victimes à qui on doit juste demander pardon en tant que société pour ne pas avoir été en mesure de les défendre.
De la défendre et la protéger de ces monstres que nous avons laissé en liberté croire qu’il pouvaient faire acte de lâcheté en toute impunité sans frémir de la violence des représailles. C’est cela qu’il faut changer.
Vite.



