Dans la série « réponse aux critiques à propos de », mon troisième article sera consacré à Mansour Abbas.
Comme dans les cas précédents, je précise que je ne vote pas pour lui. Mais j’ai du respect pour la vérité tant malmenée dans cette campagne, et d’autant plus quand l’AI la manipule si expertement.
Sur les liens de Ra’am avec les Frères musulmans
A l’origine, Ra’am est effectivement une émanation des Frères musulmans. Créée par le Sheikh Abdullah Nimar Darwish en 1971, sous le nom du Mouvement islamique en Israel. Ce Sheikh a été impliqué dans l’assassinat d’une taupe suspectée et est arrêté en 1981. Il est libéré en 1985, et fait le choix de la non-violence. Son parti se scinde en 1996, après les accords d’Oslo. La branche du Nord choisit de s’y opposer, la branche du Sud les soutient
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Et le Nimar Darwish choisit le Sud. Pour marquer la différence, ils se donnent le nom de Ra’am. Il condamne alors régulièrement la violence contre les Juifs israéliens. Il s’associe même au Rabbin Michael Melchior – membre de la Knesset avec Meimad, et futur vice-ministre des affaires étrangères – et organise, à Alexandrie, en 2002, une réunion inter-religieuse pour dénoncer les violences de l’Intifada.
On pourrait dire – peut-être - que Ra’am est aux frères musulmans ce que le Herut de Menachem Begin est à l’Irgoun ? Je sais, comparaison osée.
Le CV de Mansour Abbas
Né en 1974 en Galilee, Mansour Abbas devient dentiste (Hebrew University of Jerusalem, n’exerce plus aujourd’hui), s’inscrit très jeune au parti de Darwish, et est fortement influencé par son insistance sur le dialogue et la non-violence.
Il devint secrétaire général en 2007, et président du parti en 2018. Entretemps, il a participé, avec le Rabbin Michael Melchior, mentionné plus haut, et rencontre des membres du Hamas dans ce cadre.
Il redéfinit la structure idéologique du parti Ra’am pour l’inscrire dans la tradition islamique Wasati, basée sur la modération (Wasat = modération en arabe).
Il se fait remarquer, en tant que membre de la Knesset, par un discours où il montre de l’empathie avec les Juifs dans le cadre de la commémoration de la Shoah.
Il retire Ra’am de la Joint List pour marquer son souhait de s’engager plus avant dans la politique israélienne, dans le but principal d’améliorer le quotidien des Arabes israéliens. Ce qui restera la ligne du parti Ra’am désormais.
En 2021, il remporte 4 sièges pour Ra’am et devient le premier parti arabe à soutenir un gouvernement israélien. Fidèle à ses objectifs, il négocie des budgets destinés à améliorer la situation sociale et sécuritaire de la société arabe, et en particulier combattre le fléau du crime organisé.
C’est dans ce cadre qu’il fait la connaissance de Yoav Segalovitz, membre de Yesh Atid à l’époque, qui dirige à la Knesset, brillamment, la commission pour la lutte contre le crime organisé dans la communauté arabe, et à qui il vient d’offrir la deuxième place sur sa liste

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Ses positions
Dans la droite ligne de son mentor, Nimar Darwish, Mansour Abbas est un musulman tourné vers la modération et la non-violence, et l’a montré plusieurs fois. Il dénonce l’incendie volontaire de la synagogue de Lod, et encourt de ce fait, la colère de certains dirigeants arabes.
En décembre 2021, il déclare que l’État d’Israël est né et restera un État juif. Ce qui provoque la colère de ses collègues à la Knesset d’autres partis arabes.
Lorsqu’il fait partie du gouvernement et lors de la lutte contre le crime organisé, il demande ouvertement aux bédouins du Néguev, de remettre leurs armes aux autorités policières.
Il est en faveur d’un service civil pour les Arabes israéliens.
Ses réactions au 7 octobre
Mansour Abbas a été horrifie des crimes du Hamas et les condamnés de multiples fois. Et il a qualifié leur crimes de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, injustifiables de quelque côté qu’on les regarde.
Il a dit que le Hamas devra payer le prix de ses crimes. Et a, à de nombreuses reprises, appelé le Hamas à libérer les otages.
Toutefois, il s’est refusé à qualifier le Hamas d’organisation terroriste. Il y a plusieurs raisons à cela :
Son électorat reste très attaché au sort des civils à Gaza, Et une partie d’entre eux considère toujours que le Hamas fait partie du peuple palestinien.
Il préfère positionner la communauté arabe israélienne comme futur pont vers la paix. Même s’il sait que cet objectif reste très éloigné.
Autres candidats de Ra’am
Mis à part Yoav Segalovitz, qui s’est distingué dans la lutte contre la criminalité – et a, contrairement au gouvernement actuel, réduit celle-ci, la liste inclut aussi Walid Taha et Waleed Alhwashla, tous deux anciens membres de la Joint List, et une femme, Iman Khatib-Yassin, qui eut des difficultés initiales à admettre l’immensité des horreurs du 7 octobre. C’est Mansour Abbas lui-même qui lui a fait accepter la vérité.
En conclusion
Mansour Abbas est avant tout un Arabe israélien, modéré, non-violent, qui lutte pour améliorer les conditions de ses concitoyens.
De tous les épisodes de sa vie, c’est son aspect pragmatique qui ressort le plus souvent.
C’est ce même pragmatisme qui a caractérisé tous les dirigeants d’Israel, de sa fondation jusqu’à récemment. Qui ont souvent pris langue avec des partenaires bien mois acceptables pour leurs électeurs.
Rejeter Mansour Abbas par principe idéologique, parce qu’il n’est pas prêt à exprimer des opinions identiques à celles de l’électorat juif, même majoritaire, ne serait, justement pas pragmatique.
Et risque d’entraîner le pays vers une succession d’élections en eau de boudin, qui laissent à coalition son pouvoir de nuisance, a un moment existentiel de son histoire. Nécessité doit faire loi.



