Depuis le 7 octobre, écrire est devenue une tâche ardue. Chaque jour apporte son lot de révélations, de témoignages et de vidéos, augmentant encore la difficulté, car les mots semblent incapables de rendre compte de cette réalité qui est désormais la nôtre.
Quel terme serait le plus approprié pour décrire les événements du 7 octobre ? Ce pogrom possède une dimension inédite, nous plongeant dans une époque que nous pensions avoir enterrée avec le “plus jamais” de l’après-Shoah. La page semblait tournée, le deuil en cours, et pourtant, le pire s’est produit.
Il n’est pas souhaitable de comparer, hiérarchiser la souffrance, les crimes et les atrocités. Cependant, il est nécessaire d’admettre que l’impact de ces événements diffère selon le contexte et l’époque. Au Moyen Âge, voire à des époques plus lointaines, les atrocités étaient monnaie courante, dans des sociétés dépourvues de la morale et de l’éthique que nous connaissons aujourd’hui. La notion d’État de droit était absente.
En 2023, nous pensions vivre dans un monde libre, héritier des Lumières, où les valeurs de liberté, égalité et fraternité sont chères à nos cœurs. Nous avons inculqué à nos enfants la bienveillance, le sens de la justice, le respect des lois, la morale, l’éthique, leur assurant que dans la société que nous avons construite, ils étaient en sécurité, protégés, et possédaient des droits.
Nous avons établi des institutions telles la police, les tribunaux, l’armée, des prisons, des ministères, des hôpitaux et des écoles. Nous avons un riche savoir, un patrimoine culturel, des musées, des théâtres, des livres nourrissant notre esprit et façonnant notre identité. Des scientifiques, des psychanalystes, des psychothérapeutes, des énergéticiens, des maîtres spirituels étudient les subtilités de l’être humain pour contribuer à notre bien-être et à notre épanouissement.
Pourtant, le 7 octobre 2023, lorsque des tortionnaires du Hamas, venus d’un autre temps, ont franchi nos frontières, notre police et notre armée étaient absentes. Les forces du mal ont envahi les villes, dépourvus de morale, de cœur, d’esprit, sans limites, sans rien d’humain ni d’animal, des monstres sanguinaires ont pénétré la vie de centaines d’Israéliens, muni de couteaux pour mutiler et découper des êtres vivants.
Des hommes venus pour souiller, violer et éventrer des femmes, pour couper des membres aux enfants, fusiller des hommes, torturer des personnes handicapées. Des enfants et des parents, brûlés vifs, les mères et les pères tenant leurs petits enlacés, ont été consumés ensemble, impuissants.
Au terme de cette journée sordide, le supplice continu. Des enfants, des femmes, des hommes, des personnes âgées ont été capturés et emportés par les membres du Hamas. Rien n’a pu les sauver.
Ils ont été emportés suppliants et implorants au secours, impuissants face à leur sort, l’âme anéantie, le corps meurtri, perdus, la peur au ventre, mais ni police, ni armée, personne pour les protéger.
Voilà plus d’un mois qu’ils endurent cet enfer. Mais rien ni personne n’a pu les sauver.
Et pendant ce temps Israël est toujours sous une pluie de missiles.
Pourtant, les puissances occidentales possèdent des armées, le monde libre et civilisé dispose d’institutions, de tribunaux, d’ONG, d’organisations pour les droits humains, droits des femmes, droits des enfants.
Mais non, rien n’y fait, ils sont inutiles, incapables d’agir.
Nous, qui n’avons pas pu protéger ces enfants, pourrons-nous un jour retrouver le sommeil ?
Si ces enfants reviennent de l’enfer, pourrons-nous les regarder en face sans avoir honte ?
Serons-nous seulement capables de leur parler ?
Que pourrons-nous leur dire ? Leur demander pardon de n’avoir pas su les protéger ? Il est malheureusement trop tard.
Plus rien ne sera comme avant. Le 7 octobre marque l’avènement d’un monde ravagé, infiltré par le mal, sous les yeux de tous.
L’examen de conscience est nécessaire, en Israël, nous commencerons le nôtre.
Cependant, seuls, nous ne pourrons protéger le monde libre et son futur.
C’est ensemble que nous devons mettre fin à la barbarie islamiste.
Occident, réveille-toi !



