Revenu depuis peu en Eretz, je suis frappé de voir le pessimisme d’un grand nombre de mes amis. Le résultat, bien sûr, de l’avalanche de tragédies de ces 11 derniers mois, et dont la dernière vient encore de nous enlever 6 jeunes magnifiques.
Une partie d’entre nous, une partie d’un peuple dont l’hymne national s’appelle l’espoir, espoir qui ne meurt même pas après 2000 ans, semble vouloir transiger, dans le noble but de revoir ceux de ces jeunes qui ont survécu, et risquer de laisser à l’ennemi le souffle de vie qu’il lui faut pour renaitre de ses cendres, et un jour, nous menacer à nouveau.
Je ne sais s’il faut faire un deal ou ne pas faire un deal, ce sont des sujets sur lesquels je laisse s’exprimer les spécialistes.
Alors, moi qui ai passé une année sur les mers, parti avant le 7 octobre, revenu il y a peu, que puis-je faire d’autre que de laisser ma plume dessiner quelques notes d’espoir ?
Pour le faire renaître, relisons quelques-unes des plus belles pages d’histoire de notre peuple? Le nom de notre hymne est-il tellement étonnant? Nous le tirons de notre longévité même, ainsi que de la longue liste des ennemis qui ne sont plus, et dont les noms s’enfoncent peu à peu dans les sables de l’oubli.
Ou même de considérer l’histoire d’autres peuples, qui ont, eux aussi, triomphé de mouvements de guérilla acharnés, après de longues luttes et souvent bien plus de victimes que nous n’en avons subies.
En voici une liste non exhaustive :
Le Sentier lumineux (Sendero Luminoso) péruvien, fonde en 1969, une tentative d’imposer le communisme au Pérou, qui choisit la violence en 1980. En 1983, ils commettent un massacre à Lucanamarca, tuant indistinctement hommes femmes et enfants. D’autres massacres suivirent. En 1992, leur chef et fondateur est arrêté, sous le gouvernement Fujimori. Il y eut encore des itérations de ce mouvement sous d’autres noms, puis ils furent confinés dans une région minuscule du Pérou, la Valle de los Ríos Apurímac, Ene y Mantaro, une vallée produisant du coca. Les descendants du groupe se sont donc transformés en trafiquants. Exit les idéaux de révolution.
Les Tamil Tigers (LTTE), au Sri Lanka. Fondé en 1976, visant à créer un état indépendant au Nord du Sri Lanka, qui a, en 2000, contrôlé jusqu’aux ¾ du territoire revendiqué. Entre 1983 et 2009, cette guerre a fait plus de 100,000 morts. L’armée sri-lankaise finit par reprendre le contrôle de la péninsule de Jaffna puis de la passe de l’Eléphant. En 2002, le LTTE abandonne leur demande d’indépendance, et un cessez-le-feu est déclaré en 2002. Cessez-le-feu rompu, mais la guerre se termine finalement par une victoire nette de l’armée sri-lankaise, admise par le LTTE, en 2009.
Les Tupamaros en Uruguay, un mouvement marxiste-léniniste en Uruguay. Cree au début des années 1960, le mouvement est écrasé par une répression impitoyable et féroce de l’armée en 1972-1973. Certains de ses chefs ne furent libérés qu’en 1985.
Le MCP, Malayan Communist Party, qui mena une guerre contre le pouvoir colonial anglais, de 1948 à 1960, en grande partie grâce à Gerald Walter Robert Templer, un officier de l’armée britannique, dont les techniques furent longtemps étudiées dans toutes les académies militaires. Le MCP est vaincu en 1960, même si la violence ressurgit en 68-69, a laquelle le gouvernement malais mit finalement un terme.
Le POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista), un mouvement communiste du temps de la seconde république espagnole, qui a compté jusqu’à 70,000 militants en 1936. Il fait l’objet d’un roman d’Hemingway (Pour qui sonne le glas). Mais disparut avant le seconde guerre mondiale.
Plus près de nous géographiquement et religieusement, les Mahdistes soudanais, qui avaient déclaré en 1881 – déjà - un émirat dans la région, contre le Khédive Ismaël d’Egypte, et les forces britanniques. Les Mahdistes, fidèles d’un certain Muhammad Ahmad, totalement oublié depuis, remportent plusieurs victoires contre les troupes anglaises, chose quasiment impensable à l’époque, et rassemblent 40,000 combattants islamistes fanatisés. Ils réussissent à prendre Khartoum et massacrent les troupes du General Gordon et le général lui-même en 1885. Mais en 1896, les hommes de Kitchener, le futur conquérant de Jérusalem, mettent fin à l’insurrection lors de la bataille de Firket. Fin du mouvement mahdiste.
La « Lord’s Resistance Army » (LRA), mouvement de résistance au gouvernement ougandais, créée en 1988, et dont le chef le plus connu est Joseph Kony. Connue pour ses exactions atroces contre les civils ougandais et congolais, elle est chassée en 2000 de l’Ouganda par l’armée, mais continue à sévir au Congo, ou elle se spécialise dans l’enlèvement d’enfants pour en faire des soldats – ce qui n’est pas sans rappeler les écoles du Hamas. Durant les 25 années de leur existence, ils sont responsables de la mort de plus de 100,000 personnes. L’Union africaine, avec l’aide des USA, déploie une armée de 5,000 hommes. Joseph Kony, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, reste introuvable, mais on estime aujourd’hui le nombre des membres de la LRA a moins de 400 combattants.
Voici quelques-uns de leurs drapeaux, qui ne diraient rien à la plupart d’entre nous.
Toutes les luttes décrites ci-dessus furent longues et douloureuses. Ceux qui les combattaient ont certainement douté de leurs chances de les écraser.
Ce que ces luttent nous montrent, c’est qu’il n’existe pas de fatalité qui nous condamnerait à être toujours perdants face à des organisations comme le Hamas.
Et la plus grande probabilité est que d’ici quelques années, ils feront l’objet de pages similaires sur Wikipédia : le Hamas était un mouvement qui…
Et si l’on considère la longue liste d’ennemis du peuple hébreu, dont la mémoire est préservée dans les fêtes juives, la plus grande probabilité… est que nos ennemis actuels, du Nord comme du Sud, les rejoignent sous peu.



