Ainsi appelait-on, durant les deux guerres mondiales, et même auparavant, ceux dont les affaires ont prospéré, non en dépit de, mais grâce au conflit.
Chaque guerre a ses profiteurs de guerre. Il y a, par exemple, Dupont de Nemours, qui gagna ce titre par ses énormes profits sur la livraison de poudre pendant la première guerre mondiale. Et Henry Ford, qui fournissait des véhicules et de l’équipement militaire à son pays comme aux Allemands, avant que ceux-ci ne déclarent la guerre aux USA.
En 1942, Harry Truman, alors sénateur démocrate peu connu du Missouri, se distingua en menant le combat contre eux, déclarant « leur cupidité ne connait pas de limites ». Il obtint le vote d’une loi, le « Renegotiation Act », qui permettait au gouvernement de renégocier les contrats rétroactivement et de taxer les profits exceptionnels en temps de guerre.
D’autre part, les chaines de distribution et les détaillants étaient soumis à un contrôle de prix qui fut sujet à des fraudes dans certains cas – premiers cas de « shrinkflation » où la quantité de nourriture emballée diminue pour le même prix - mais qui dans l’ensemble réussit à maintenir le coût de la vie à des niveaux acceptables.
Quelle différence avec la guerre du 7 octobre, ou le capitalisme débridé qui sévissait avant la guerre a pu franchement se lâcher.
Il y a bien sûr, la hausse des marges des chaines de distribution, qui leur a rapporté une jolie hausse de bénéfices avant intérêts et taxes de 44.8% (source : https://www.jpost.com/israel-news/article-836186?utm_source=jpost.app.android&utm_medium=share ). Le coût de la nourriture rivalise avec celui de la Suisse, le plus cher pays du monde (source : https://www.numbeo.com/cost-of-living/country_price_rankings?displayCurrency=USD&itemId=1 )
Les victimes sont tous les Israéliens, mais surtout les plus pauvres d’entre eux. Qui sait que plus de la moitié des familles terminent maintenant le mois en déficit a la banque ? Qui s’en soucie ? Le gouvernement en parle-t-il ?
Il y aussi la hausse spectaculaire des profits d’El Al, qui a engrangé une année historique, avec pour la première fois, des revenus de plus d’un milliard d’USD, et des profits en hausse de 260% au 3eme trimestre 2024 (source : https://www.timesofisrael.com/el-al-profit-jumps-260-as-rivals-stay-away-fueling-criticism-over-war-profiteering/). Tripler les prix et servir des sandwiches fades, ça fonctionne plutôt bien quand le consommateur n’a pas d’autre choix.
Sans oublier qu’El Al conserve la possibilité de déduire les pertes de la période Covid, même si celles-ci sont intervenues avant la prise de contrôle par le nouvel actionnaire, Eli Rozenberg, 31 ans, qui vient d’ailleurs de convertir 10% de ses options sur actions El Al avec un premier profit d’ILS 90 mios. Si au moins, ces avalanches de profits s’accompagnaient de dons à, par exemple, des centres de traitements PTSD pour nos soldats…
Bien sûr, notre priorité a tous reste d’éliminer les nombreuses menaces qui pèsent sur notre pays, et de rendre les otages à leurs familles. Mais des défis tout aussi grands pesaient sur les alliés pendant la seconde guerre mondiale, ce qui ne les pas empêchés de veiller à ce que le coût de la vie reste abordable, en particulier pour les plus pauvres, sans aller jusqu’au rationnement, comme dans le cas des Etats-Unis.
Notre population, et spécialement ses couches les plus vulnérables, ont désespérément besoin qu’on prenne leur defense. Il semble hélas, que le gouvernement n’en ait cure.



