Le cri du coeur d'un indépendant
Discours prononcé au pied du Ministère des Finances le lundi 22 juin 2020
Écoutez-moi bien, écoutez ce message qui vient du cœur ...
Je suis David Djian, 50 ans, j’ai fait mon Alya il y a 30 ans, je suis père de 3 enfants. J’ai créé il y a 7 ans une agence d’évènementiel spécialisée dans la production d’événements en Israël pour les familles, les groupes et les sociétés internationales. J’ai fondé mon entreprise, après presque 20 ans dans le domaine de l’éducation et de la transmission de valeurs, et ce qui caractérise ma société, c’est l’accent mis sur les valeurs que je transmets dans chacun des événements que je produis, et parmi eux, l’amour d’Israël ... Début mars, lorsque vous avez décidé de fermer le pays entier, vous avez par conséquence décidé de fermer mon entreprise, m’empêchant de subvenir aux besoins de ma famille et d’un grand nombre d’autres…
Suite à la fermeture du pays, vous m’avez aussi empêché de continuer à employer des dizaines voire des centaines d’employés, des traiteurs et des serveurs, photographes, designers et fleuristes, animateurs et musiciens, chanteurs et poètes, artistes, chauffeurs de bus, guides et traducteurs, restaurateurs ... et la liste est encore longue !
Il y a 4 mois, j’étais fier de l’entreprise que j’avais créée, une entreprise qui mettait en avant notre magnifique pays, Israël qui entreprends, innove, construit, une société riche d’initiatives, de culture, de créativité. Je permettais à des centaines, voire des milliers de touristes juifs ou non, à voir les beaux côtés d’Israël, d’un Israël qui sait accueillir et donner du service et de la Joie, ce pays bâti sur plus de 3000 ans d’histoire et remarquablement reconstruit il y a 70 ans ... J’étais fier d’être un ambassadeur de mon pays et de cette histoire.
Il y a 4 mois, j’étais fier que mon entreprise permette à des dizaines de prestataires de gagner leur vie, la plupart d’entre eux étant aussi Olim Hadashim. Alors, je crie aujourd’hui, en leur nom parce que tous ne connaissent pas l’hébreu suffisamment, pour dire combien ils ont le cœur lourd, ces Olim Hadashim qui sont chez eux, aujourd’hui, sans moyens de subsistance, sans espoir, ces Olim Hadashim qui ne trouveront pas de nouvel emploi à cause de leur manque de connaissance de l’hébreu, à cause de leur intégration incomplète, et qui envisagent maintenant de retourner dans les pays où ils peuvent gagner leur vie.
Il y a 4 mois, j’étais fier de payer des impôts (j’ai été éduqué à remercier HaShem d’avoir à payer beaucoup d’impôts, signe que je gagnais bien ma vie), et bien sur la TVA, l’impôt sur le revenu, et la sécurité sociale ... mais, naïf que j’étais, je pensais, comme dans le cas de d’une assurance automobile, que je paie tous les mois, en sachant que si un accident avec ma voiture se produit, quelqu’un prendra soin de moi, m’aidera à réparer les dégâts... Eh bien je pensais avec qu’il en serait de même avec la Sécurité sociale. J’ai payé tous les mois, une assurance auto-entrepreneur nationale en pensant et si quelque chose m’arrive, l’État, que j’aime et auquel je donne tant, sera à mes côtés et m’aidera en temps de détresse, exactement comme lorsque j’étais salarié et que je recevais des allocations de chômage de l’assurance nationale.
Alors écoute-moi, Israël, il y a 4 mois, vous avez fermé le pays, vous m’avez cessé mon activité, il me parait donc légitime de recevoir des indemnités, au moins tant que vous et le gouvernement dont vous êtes le ministre des Finances, ne me permettent pas de la reprendre.
Certes, je suis indépendant, mais l’Etat a été mon associé toutes ces années en récupérant près de 50% de mon chiffre d’affaire en impôts et cotisations diverses alors si j’ai payé une assurance nationale toutes les années, j’ai le droit aujourd’hui, nous tous indépendants méritons, des indemnités pour les 4 mois perdus, et aussi pour les mois à venir car il n’y a aucune certitude de revoir prochainement des touristes revenir pour en Terre Sainte. Nous ne savons pas quand nous pourrons organiser des événements de famille, faire découvrir à leurs enfants leurs racines juives, et quand nous pourrons à nouveau accueillir des entreprises internationales venant pour visiter et apprendre de notre « Start-up Nation ».
Écoute-moi Israël, TU dois payer... C’est ce que fait chaque pays avancé, chaque société moderne chaque pays de l’OCDE, club auquel nous sommes si fiers d’appartenir. J
Ecoute-moi Israël, TU dois payer…Au nom des valeurs juives, des valeurs de solidarité et de Justice… Au nom des principes fondamentaux de l’Etat d’Israël dont la règle est de ne pas laisser de blessés sur le champ de bataille. J’attends donc de vous, ministre de l’État des Juifs, et je vous exhorte à respecter ces principes de notre pays. Ne nous abandonnez pas sur le champ de bataille car nous saignons !
Les pionniers du Sionisme, tous les fondateurs de l’État et ses dirigeants successifs, de Ben Gourion à Begin, se retournent certainement dans leurs tombes quand ils voient votre opacité et comment vous nous ignorez.
Parce que les indépendants sont des citoyens comme les autres, parce que nous participons au développement de notre économie, parce que nous payons notre dû à l’Etat, nous méritons des indemnités de subsistance. On ne demande pas la Tsedaka mais juste un investissement sur nous et très vite on reprendra nos activités et nous repayerons nos impôts !
Nos sages nous enseignent écrit que chacun en Israël a la charge de l’autre (Chol Israel Arevim Ze La Ze). Et donc, je m’attends, aujourd’hui, Israël, que tu me soutiennes, moi, mes prestataires et collègues de l’industrie de l’évènementiel et du tourisme ainsi que tous les travailleurs indépendants du pays.
Israël vous avez fermé le pays, aidez-nous et payez ce qui nous revient !
NOUS AVONS BESOIN D’INDEMNITES AUJOURD’HUI !!!!!


