La découverte traumatisante de plus de 600 cas de maltraitance dans des institutions pour personnes handicapés en Israël la semaine dernière nous a confronté à une dure réalité.
Pour rappel, des employés de l’institution Bné Tsion à Rosh Haayn ont été arrêtés et accusés d’actes de maltraitances. Malgré de multiples plaintes auprès de la police de la part des familles, selon leurs témoignages, leurs dossiers de plaintes sont régulièrement fermés et classés sans suite. Il y a un an, une plainte avait également été déposée auprès du ministre des Affaires sociales mais cela n’a suscité aucune action de la part du ministère qui n’a pas traité le sujet ni ouvert d’enquête.
Une conversation téléphonique enregistrée entre Gideon Shalom, directeur du département du handicap au ministère des affaires sociales, et la mère d’un jeune homme qui a été frappé et maltraité de façon récurrente par le personnel des différents instituts où il avait séjourné, révèle l’indifférence totale du ministère.
En réaction à cette tragique réalité et en réponse aux défaillances du système, Yair Lapid vice Premier ministre et Meir Cohen, ministre des Affaires sociales, ont présenté une nouvelle proposition de loi.
La loi du service social pour personnes handicapées.
En effet, l’affaire ci-dessus révèle un dysfonctionnement et une défaillance au niveau des services sociaux. Des caméras étaient pourtant installées dans cet établissement, mais à quoi servent des caméras si personnes ne les contrôle?
Afin de donner les moyens aux services sociaux d’offrir le service attendu et nécessaire au public en situation de handicap, cette nouvelle loi en comblant de nombreuses lacunes va permettre de placer pour la première fois, les personnes handicapés au sein des préoccupations phares du ministère des affaires sociales.
Cette loi historique va changer considérablement les conditions de vie des plus faibles et leur porter assistance. Une société saine ne peut tolérer que les personnes fragiles soient ainsi maltraitées et opprimées.
L’objectif de cette loi est de donner tous les outils nécessaires pour que les personnes handicapées puissent acquérir un maximum d’indépendance et
d’autonomie, participer de manière égale à la société et puissent être protégées.
En résumé cette loi prévoit :
Offrir sans longs délais d’attentes des prestations de services sociaux par un professionnel compétent.
Faciliter la reconnaissance des diagnostics et l’obtention rapide (dans un délai maximum d’un an) des droits qui accompagnent les diagnostics en fonction des différents handicaps et pourcentage d’invalidité.
Faciliter les procédures de recours et contestations.
Garantir une revalorisation régulière des budgets alloués aux subventions et aux allocations en fonction de la croissance démographique, des besoins réactualisés et du coût des services sociaux. Ainsi qu’un budget annuel supplémentaire lors du vote du budget de l’État.
Nomination d’inspecteurs superviseurs pour effectuer des contrôles. Pour que les défaillances soient repérées et réparer immédiatement.
Ces inspecteurs seront nommés selon certaines conditions : par exemple, ne pas avoir été reconnu coupable d’infraction et avoir reçu une formation appropriée.
Afin d’exercer leur fonction ces inspecteurs seront habilités, après avoir présenté leur pièce d’identité et leur titre d’agrément, à entrer dans tout lieu en rapport avec leur fonction d’inspecteur des services sociaux et effectuer un audit conformément aux nouvelles dispositions de cette loi.
La loi précédente prévoyait un accompagnement des services sociaux uniquement pour certains types d’handicaps. Cette nouvelle loi prévoit un élargissement à tous les types d’handicaps.
Cet accompagnement comprendra :
Des résidences d’hébergements thérapeutiques ou de réadaptation, des services de soutiens et d’aides, des transports vers les activités quotidiennes, des accompagnements pour la transition du système éducatif vers le service de protection sociale, l’intégration adapté au service militaire, aux services de loisirs, l’assistance, le conseil et l’orientation, un service d’information et d’accessibilité afin d’accroitre l’intégration des personnes handicapés dans la société.
Réévaluation de situation, car l’état des personnes n’est pas toujours statique et peut changer.
L’idée est d’évoluer avec notre temps et ne plus définir le handicap d’un point de vue uniquement médical mais également par une approche plus globale de l’individu, approche dite holistique.
Étant donnée l’organisation que nécessite l’application de cette nouvelle loi, il est proposé de fixer à un an son entrée en vigueur à compter de la date de sa publication afin de permettre les préparations nécessaires.
L’objectif est d’aider les personnes en situation de handicap
à développer des compétences dans des domaines clés de la vie et favoriser leur intégration dans la société de façon optimal.
Ainsi, considérer les personnes en situation de handicap comme partie intégrante de notre organisation sociale avec aussi une participation de valeur et non un poids néfaste à la société.
L’intégration des personnes handicapées est un facteur révélateur de l’état d’esprit d’une société et de ses valeurs.
A l’école, cette valeur est immense. Les enfants apprendront la tolérance, l’entraide, l’acceptation de la différence, mais aussi à se responsabiliser et échanger les savoirs. Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain qui façonneront notre société.
Au travail et au sein de la vie communautaire, la place des personnes handicapés permettra une ouverture de la solidarité et des valeurs de compassion, fraternité et bienveillance, mais aussi une ouverture vers des horizons différents que nous apportent les esprits hors normes, les intelligences et visions atypiques de l’existence.
Nous ne voulons pas d’une société uniforme et réductrice qui exclut les minorités faibles et les fragiles, nous ne voulons plus nous réveiller le matin et découvrir qu’à deux pas de chez nous derrière des murs de bétons des personnes sont opprimées et privées de leurs droits les plus élémentaires.
Nous souhaitons une société qui protège les droits de TOUS ses citoyens en harmonie avec les valeurs de l’État d’Israël et des valeurs juives.




