Par Yonatan Alexandre, 27 septembre, 2026
Vous ne verrez plus Benjamin Netanyahou sur les plateaux des chaînes 11 12 ou 13, où les leaders des parties de l’opposition se précipitent pour se faire déchiqueter par des journalistes aux dents acérées…
Le seul champ de bataille qui compte désormais, c’est celui des réseaux sociaux.
Et à ce sujet…
Peut-être avez-vous remarqué que votre fil de médias sociaux se remplit de posts extrêmes, très émotionnels, venant d’auteurs et de groupes que vous n’avez jamais rencontrés ? Des posts souvent partagés et commentes par des milliers de fans ?
Vous êtes émus ou choqué, mais jamais indifférents.
Vous réagissez, souvent pour contrer l’opinion exprimée ?
Et là, vous vous prenez une avalanche, une dégelée d’insultes. Jamais vous n’aviez pensé que le pays des trolls pouvait être si peuplé.
Deux raisons à cela :
· Le changement des algorithmes
· L’AI, qui s’est déjà engouffrée dans les réseaux sociaux.
Il s’agit là de techniques favorites des groupes soutenant la coalition actuelle.
L’essor de la diffusion « non connectée »
Dans le bon vieux temps, votre fil était constitué presque exclusivement de nouvelles de vos amis, de votre famille, et des groupes auxquels vous adhérez, plus quelques groupes susceptibles de vous intéresser.
Ces contenus sont en baisse depuis plusieurs mois. Les utilisateurs de Facebook finissaient par se lasser de photos de vacances, annonces de nouveaux diplômes, mariages ou décès dans leurs familles, ou les partageaient sur d’autres plateformes.
Facebook s’est adapté.
Dorénavant, 50% de votre fil se compose de posts d’origines extérieures, « non connectées ». Des algorithmes détectent vos intérêts et les marient à des posts corrélés avec eux, que ce soit négativement ou positivement.
Haute intensité émotionnelle garantie
Du côté négatif : les émotions négatives sont 3 fois plus intenses que les émotions positives.
L’objectif est de vous mettre en colère.
L’algorithme vise avant tout à attirer votre attention et l’intensité de la réaction. Le temps que vous passez à regarder ce post et votre interaction avec lui est scrutée au microscope.
Facebook a compris que les publications tranchées, émotionnellement chargées ou clivantes génèrent des centaines de commentaires rapides et émotionnels ; des partages et des citations… Les contenus qui suscitent l’indignation se propagent plus rapidement que les informations neutres.
Si vous « marchez », l’algorithme vous proposera des opinions encore plus extrêmes.
Certains de ces comptes sont-ils gérés par une IA ? Oui, ils le sont. Ils le sont de plusieurs manières :
· Les posts sont entièrement écrits par des IA, qui se spécialisent dans les publications indignées, provocatrices et émotionnellement extrêmes, conçues spécifiquement pour susciter l’interaction humaine. Le style typique est fait de paragraphes courts séparés par 3 ou 4 phrases courtes, incisives, et un narratif dramatique.
· Bots IA : ces groupes de plusieurs milliers d’adhérents ont souvent acheté ceux-ci (prix : USD 0.2 par compte) à des fournisseurs spécialisés dans les faux comptes. C’est pourquoi des groupes qui supportent la coalition actuelle ont souvent grandi de 2 ou 3,000 comptes a 18,000 ou plus récemment. Comment les reconnaitre ? Vous voyez un profil composé principalement de photos de chats ou de chiens, de motos, d’instruments de musique, avec quelques dizaines d’amis, et posts entre eux, une combinaison inhabituelle d’un prénom et nom ? Un faux compte. Ces profils peuvent être basés n’importe où dans le monde.
· Réactions automatisées de support de ces bots : les réactions composées uniquement d’emojis sont pour la plupart des bots. Le nombre de réactions fait monter le rating du post dans les algorithmes, qui le feront circuler d’autant plus.
L’objectif de Facebook n’est pas bien sûr, de vous faire voter pour des politiciens que vous n’appréciez pas. Il est simplement d’augmenter la visibilité de ces posts.
Et ceci les fera circuler d’autant plus chez les électeurs susceptibles de voter pour le candidat que ces groupes soutiennent.
Comment réagir ?
Vous pouvez porter plainte sur Facebook en signalant ces faux comptes et les groupes qui les utilisent. Je l’ai fait de nombreuses fois, sans réaction. Facebook, finalement, vise la croissance du trafic et ces techniques y contribuent.
Vous pouvez aussi, avec les informations ci-dessus, les détecter plus facilement et vous blinder contre leur utilisation.
Et peut-être, voter pour les partis qui n’utilisent pas ce type de manipulation méprisable.



