Israel, premier pays au monde à interdire la vente de fourrure !
Par Karine Dana, 27 aout 2021
Juin 2021 restera une date mémorable dans l’histoire du droit des animaux.
Israël, donne la note, premier pays au monde à interdire la vente de fourrure
Après 26 villes et États qui ont rendu illégale la vente de fourrure, Israël fait passer la loi sur l’interdiction de vente de fourrure à l’échelle nationale.
Rappel historique
En 2009, Israël, par le biais de l’IAFC (International Anti-fur Coalition), introduit la première proposition de loi qui interdit le commerce de fourrure. Cette loi inspire le monde entier et si en Israël la loi n’est pas passée cette même année, l’effet domino est lancé.
En 2019, dix ans plus tard le gouverneur de Californie Gavin Newsom déclara cette loi : « une des lois les plus fortes pour les animaux, de l’histoire des USA. »
L’effet sera contagieux à travers le monde :
En 12 ans, la loi passe dans 26 villes + un État, la Californie + un pays : Israël
De surcroit de nombreux autres pays comme notamment la France, à défaut d’une loi qui interdit la vente de fourrure, interdisent les élevages d’animaux à fourrure ainsi que l’agrandissement des élevages existants. Au plus tard le 1er janvier 2025, les élevages d’animaux à fourrure y seront interdits.
Ceci grâce à la pression de la SAF (Société Anti-Fourrure) créée en 2007 par Stéphanie Rossenu qui en collaboration avec l’IAFC ont lancés une pétition #FurFreeParis, qui a atteint presque 95 000 signatures !
Lien pour apporter sa signature et aider à atteindre l’objectif des 100 000 signatures:
Pourquoi interdire la vente de fourrure ?
L’utilisation de la fourrure animale est devenue incompatible avec l’éthique et le respect de l’environnement. Pour nous chauffer et survivre au froid nous avons de nombreuses autres alternatives. Ceci d’autant plus que les élevages d’animaux à fourrure sont des lieux de tortures effroyables. Des visons et renards sont entassés dans de minuscules cages en métal dans des locaux précaires, cages dont ils ne sortiront jamais, de leur naissance jusqu’à leur mort.
Les enquêtes menées dans ces élevages révèlent toutes l’état de santé dramatique des animaux enfermés dans ces prisons insalubres. Membres cassés ou arrachés, plaies, infections, cadavres dans les cages, comportements névrotiques…
Ces élevages ont aussi un grave impact environnemental.
La pollution aux métaux toxiques et autres substances dangereuses utilisées pour traiter la fourrure ont des conséquences sur l’environnement notamment sur les sources d’eau potable et sur la santé des personnes qui travaillent sur les sites de traitement des fourrures en provoquant des maladies et cancers.
Aussi des tonnes d’excréments sont déversées dans les eaux, polluant par le phosphore, l’oxyde d’azote et l’ammoniac.
Compte rendu de Peta France :
https://www.petafrance.com/nos-campagnes/habillement/la-barbarie-du-commerce-de-la-fourrure/
Comment est née cette loi ? Qui en est à l’initiative ?
Jane Halevy Moreno, vit en Israël, maquilleuse, militante végétalienne franco-Israélienne pour le droit des animaux et maman de 2 garçons, fonde en 2006 l’IAFC, Coalition International contre la Fourrure (International anti-fur coalition).
Jane Halevy Moreno est à l’initiative de la première proposition de loi interdisant la vente de fourrure.
Jane Halevy Moreno me raconte ses débuts :
« Depuis très jeune je suis passionnée par les animaux, je défends la cause animale et je suis sensible aux injustices. J’ai commencé mon combat contre la vente de fourrure animale en 2005 après avoir vu une vidéo sur le dépeçage vivant d’un animal. À la suite de quoi j’ai créé mon association « International anti-fur coalition » elle rassemble 70 pays avec qui nous organisions des manifestations simultanées pour lutter contre la cruelle industrie de la fourrure nommée la « Blood Fashion » (la mode sanguinaire).
La première à avoir rejoint la coalition est Rosa Close de l’association Anti-fur Society aux USA grâce à qui la loi à été voté à West Hollywood. Cet évènement marque l’envol et lance l’effet domino dans le monde »
Au cours des 15 dernières années, Jane Halevy Moreno avec Mitzi Ocean et son équipe de l’IFAC ont participé et organisé les innombrables manifestations Fur Free Friday (FFF) pour les droits des animaux qui sont devenues mondiales avec Worldwide Fur Free Friday (WFFF) grâce à l’IAFC.
« Les victimes de l’industrie de la fourrure ne peuvent ni s’exprimer, ni riposter ou se révolter, mais nous le pouvons et nous ne cesserons jamais de le faire. »
Jane Halevy Moreno.

Jane explique : « Même si la loi n’est pas passée en Israël en 2009 nous avons planté la graine avec un effet catalyseur. Aujourd’hui en 2021 on espère avoir planté la 2e graine en tant que premier pays à faire passer la loi. Espérons que l’effet se propage et que d’autres pays suivent l’exemple avec un effet « Bannister *»
(cf * à la fin de l’article) .»
Cet exploit nous montre que si en 2009 la proposition de loi interdisant la vente de fourrure paraissait utopique ; la volonté des militants et leur obstination ont pu changer la donne.
Selon Jane Halevy Moreno, c’est uniquement ainsi que le monde progresse et que les choses évoluent :
« Je crois davantage aux lois universelles qui sont intouchables et inébranlables. La politique peut être corrompue ou être sabotée mais les lois universelles d’influences ne peuvent pas être contrôlées ou manipulées. »
https://www.antifurcoalition.org/pages/israel
Une exemption pour les articles religieux
En Israël, malgré cette grande victoire pour la cause animale, il y a une ombre au tableau.
La loi comporte une exemption pour les articles religieux, qui sont les Shtreimels (chapeaux traditionnels), utilisés dans plusieurs communautés juives religieuses orthodoxes du courant Hassidique.
Dans ce contexte, le changement selon Jane Halevy Moreno « pourra se faire par l’influence des représentants décisionnaires spirituels plutôt que par des politiciens. »
Ce changement de l’intérieur, est certes lent, mais a tout de même commencé.
En 1992 le grand rabbin séfarade de Tel Aviv a déclaré que la souffrance engendrée par l’industrie de la fourrure était contraire aux valeurs du judaïsme.
En 2021, les grands courants du judaïsme acceptent l’option la fourrure synthétique.
Parmi les rabbins qui dénoncent l’utilisation de fourrure animale, le célèbre rabbin Schlomo Pappenheim ז״ל que sa mémoire soit bénie, président de Ha’edah Haharedit avait appelé les hassidims à abandonner leurs chapeaux traditionnels shtreimel en fourrure animale en faveur de versions synthétiques.
“Nous devrions arriver à un point où les gens auraient honte de porter autre chose qu’un shtreimel synthétique”, avait-il conclu, qualifiant le port de shtreimel en fourrure animale de « Hiloul Hachem » (profanation du nom de Dieu)
Peut-on influencer une mode ?
Cette loi qui semblait avant-gardiste et difficile à accepter en 2010, aujourd’hui sonne comme une évidence. Les grands couturiers renoncent à la fourrure les uns après les autres.
La tentative de mettre fin la mode de la fourrure avec la grande campagne menée dans les années 90 par de grandes associations comme Peta pour en finir avec la mode de la fourrure, a hélas échoué. La mode est un phénomène éphémère, la seule solution fut donc de légiférer.
Pour conclure, un message de Jane Halevy Moreno qu’elle exprime par une jolie citation mexicaine, en parlant des fourreurs et des militants pour les droits des animaux :
« Ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines.»
Merci à Jane Halevy Moreno et ses militants ; ils nous prouvent que changer la donne est en notre pouvoir.
Grâce des actions comme celles-ci, les générations futures hériteront d’un monde un peu meilleur.
Un monde bienveillant, respectueux de la vie et de la nature.
Liens utiles :
Listes des villes, état et pays où est passée la loi :
https://www.facebook.com/photo/?fbid=10158496900843635&set=a.10158496902128635
Page FB : https://www.facebook.com/antifurcoalition
Site :
https://www.antifurcoalition.org/
*« Effet Bannister » : Du nom du célèbre coureur Britannique Roger Bannister qui en 1954 a réalisé l’impossible. Premier athlète à dépasser la barrière mythique en courant le miles en moins de 4 minutes. Exploit qui a marqué l’histoire de l’athlétisme. Dans les années qui suivirent, plusieurs athlètes parcoururent le mile en moins de 4 minutes inspirés par celui qui brava l’impossible et en effaçant toutes croyances limitantes imposées par nos sociétés.







