L’expérience de Milgram ou jusqu’où peut-on aller par obéissance ?
Le psychologue Américain Stanley Milgram, par sa célèbre expérience menée dans les années 1960, mit en évidence les limites de l’obéissance des individus face aux représentants légitimes de l’autorité. Il le constate par le biais de l’augmentation du taux de stress qui va crescendo lorsque des individus obéissent à des ordres qui ne sont pas en accord avec leur conscience.
Lorsque le taux de stress augmente c’est que l’individu est alors conscient de réaliser les désirs et volontés de la personne responsable de l’autorité. Lorsque la tension devient insoutenable il désobéit. Ce seuil de tolérance est variable selon les individus.
L’obéissance à la hiérarchie est un facteur nécessaire permettant d’organiser et maintenir l’ordre dans une société. Cependant si le poids de l’autorité prime sur la conscience personnelle, si les acteurs politiques se soumettent en se déresponsabilisant de leurs actes sous couverts de l’autorité même si les ordres sont en contradictions avec leur propre conscience, cela entraine de graves dérives dont par exemple la transgression de lois établies.
Si l’expérience de Milgram a des failles tout à fait discutables et si l’on ne peut pas être sûr que les résultats de l’expérience (qui est de 63% d’obéissance à tous les ordres provenant d’une autorité légitime) auraient été semblables dans une réalité hors laboratoire, il n’en demeure pas moins que face à une autorité abusive, certains sont capable (ou pas) de reconnaître les limites infranchissables de leur conscience et ont le courage de refuser ou au contraire d’obéir.
Le départ du Likud de Gideon Saar est une jolie illustration de cette expérience. Il a choisi de quitter le camp des soumis et d’agir selon sa conscience. Une bonne nouvelle pour la démocratie israélienne. Gideon Saar refuse l’autorité de Netanyahu et sort du Likud en créant un nouveau parti Tikvah Hadasha.
Espérons que les électeurs israéliens fidèles du Likud comprendront les objectifs de Gideon Saar et le considéreront comme une alternative s’ils souhaitent sortir de cette crise politique destructrice pour le pays.
L’état d’Israël doit à présent se soucier de ses citoyens, écouter leurs revendications et les considérer. Le pays doit sortir de l’hécatombe économique qui a plongé des millions d’israéliens dans la précarité. Les urgences sont nombreuses, il s’agit de redistribuer les budgets de l’état pour améliorer les structures vitales de la société, combler les lacunes dramatiques du système de santé, rénover le système éducatif à l’abandon, revaloriser le travail et les professions, relancer l’essor des petites et moyennes entreprises asphyxiées, établir des propositions efficaces de résolutions du conflit israélo-palestinien, se défaire de l’influence écrasante des petits partis qui représentent seulement une faible minorité d’israéliens et enfin et surtout éradiquer la corruption au sein des élites politiques.
Selon la nouvelle dynamique, une alliance entre plusieurs partis sans le Likud qui obtiendrait une majorité à la Knesset, semble davantage réalisable pour les prochaines élections.
Ces derniers mois ont montré aussi de beaux espoirs politiques avec la régularisation des relations diplomatiques entre Israël et les Émirats Arabes Unis ainsi que le Maroc. La paix dans la région pointe son nez et nous sommes à l’aube d’une période faste pour des accords avec les pays arabes voisins.
Souhaitons que ce climat de paix qui s’amorce dure longtemps et s’installe définitivement pour qu’enfin nous puissions nous consacrer à améliorer l’équilibre intérieur du pays en aplanissant les tensions et en réduisant les divisions entre les différentes communautés israéliennes, tâche probablement bien plus ardue mais essentielle.



