Par Yonatan Alexandre, 7 novembre 2024
Cette dernière année, nous avons vu des milliers d’étudiants envahir les universités, des dizaines ou des centaines de milliers de manifestants de gauche et d’extrême gauche manifester pour Gaza.
Ils demandent, non ils exigent, la fin des hostilités, le retour du Hamas à Gaza, et plutôt qu’une solution à deux pays, une solution a un seul, celui des Palestiniens, sans Juifs. Dans ce but, il est fait étalage de toutes les souffrances de civils, que ceux-ci appartiennent à la majorité qui soutenait le Hamas, ou à la petite minorité qui ne le soutenait pas.
Il y a effectivement des reportages de familles qui souffrent. Mais n’oublient-ils pas d’exiger un droit plus fondamental encore, un droit dont jouissent tous ces manifestants ?
Quel est ce droit ?
Ce droit oublié, ce droit auxquels les Ukrainiens, les Syriens, les Soudanais, et en fait tous les réfugiés du monde, ont droit, mais pas les Gazaouis, c’est le droit de « voter avec leur pieds », souvent mentionné par Lénine. Et utilisé depuis par les Tibétains, les Cypriotes, les Afghans, les Syriens, les Erythréens, les Soudanais, mais pas, surtout pas, les Gazaouis. Ce droit qui leur est refusé par l’Egypte et par tous les pays arabes, ainsi que le reste du monde. Les étudiants de Science Po ou de l’université de Columbia, qui ont la possibilité d’émigrer dans presque tous les pays du monde, détesteraient-ils plus les sionistes et les Juifs qu’ils n’aiment les Gazaouis ?
Le droit tout simple d’émigrer, de rejoindre une autre pays, avec un visa pour commencer, et un passeport ensuite, le droit de quitter Gaza – et le Hamas - un droit auquel les Gazaouis aspirent tellement que ceux qui le peuvent payent jusqu’à USD 5,000 par personne, une fortune que bien peu peuvent réunir, pour l’acquérir. Sans que personne, même parmi les manifestants si bien intentionnés, ne songe à l’exiger pour eux.
Tous dans ces manifestations se battent sans compter pour les Gazaouis, mais personne, personne, ne s’est soucié de leur demander ce qu’ils souhaitent vraiment, et d’exiger de leurs gouvernements qu’ils ouvrent leurs portes, enfin, aux réfugiés de Gaza.
Bien sûr, toute famille en détresse et qui le souhaite mériterait un visa humanitaire, mais, aux derniers sondages , près de 50% d’entre elles sont maintenant opposées au Hamas. Il y en a même qui maitrisent le français et dont c’est le rêve de vivre en France . Mais jusqu’ici, le gouvernement français n’a accordé que quelques dizaines de visa pour les Gazaouis qui ont de la famille en France.
Ces mêmes sondages montrent que près de 50% des Gazaouis souhaitent quitter le territoire. Seul manque l’argent nécessaire pour soudoyer les douaniers égyptiens…
Monsieur Mélenchon, vous êtes inaudible sur ce sujet ? Pourquoi n’exigez-vous pas, de votre fameuse voix de tribun,10,000, non 100,000 ou même 200,000 visas humanitaires pour Gaza ? A quand une pétition dans ce sens ? Feriez-vous à ce point cause commune avec certains pays arabes qui utilisent ce conflit pour justifier toutes les misères qu’ils imposent à leur peuple, et donc refusent, depuis 70 ans parfois, de naturaliser les réfugiés palestiniens qui se sont retrouvés chez eux ?
Pourquoi n’entend-on pas aussi Mr Corbyn, bien qu’il soit moins loquace ces jours-ci, exiger du gouvernement britannique des centaines de milliers de visas pour les Gazaouis dont le sort lui importe tant ?
Pourquoi Rashida Tlaib - elle-même encore sur les listes de l’UNWRA, bien qu’elle soit née à Detroit et citoyenne américaine - n’exige-t-elle pas de l’administration Biden, 100 000 visas humanitaires, une goutte d’eau vu l’immensité de la population du pays ?
N’est-ce pas la cause la plus urgente, la plus naturelle et pourtant le plus oubliée de cette guerre ?



